La nature a horreur du vide et la politique a la fâcheuse habitude de ressusciter ses fils. Du fond de leurs cercueils enveloppés dans leurs erreurs, leurs déclarations inopportunes et leurs actes mortels, la politique est capable de les y sortir, de leurs donner une nouvelle vie après un passage dans l'océan de l'oubli et de l'errance. Idrissa Seck fait parti de ses hommes politiques que son propre clan et son propre mentor ont tenté d'assassiner. Un séjour forcé à rebeuss, une chandelle d'accusations gratuites, des tentatives répétées pour décréditer l'homme, l'appareil étatique a usé et parfois abusé de tous ce qu'il avait sous la main pour lui porter enfin le coup fatal.
C'était sans compter la magie de la politique. L'opinion dans son intégralité en a voulu à Idrissa après sa visite au palais à la veille des élections présidentielles de 2007. Malgré cet acte qui est d'une gravité extrême et qui est une erreur politique monumentale, il a surclassé tous les leaders de l'opposition avec un score historique de 510 000 voix. Rappelons que pendant 26 ans de lutte électorale le meilleur score de Wade à une présidentielle est de 526 000 voix.
Tout cela pour dire que le peuple n'a jamais réussi à le sanctionner quelque soit la gravité de ses actes, de ses erreurs et son arrogance qui est son principal défaut.
Faudrait-il voir dans cela un quelconque signe du destin, je dis non. J'entends déjà vos doutes, chers lecteurs. Ma réponse est simple, regardez la classe politique.
Je suis désolé mais Abdoulaye Wade n'a pas une opposition à sa dimension. S'il se permet de faire et de défaire la vie politique du Sénégal depuis dix ans, c'est qu'il est le seul maître à bord.
Ce n'est pas parce que le peuple n'a pas sanctionné Idy, lion de là, s'il n'était pas allé voir Wade, il avait toutes les chances pour gagner l'élection. Le peuple a fait de son mieux. C'est l'opposition qui n'a pas fait son job.
L'opposition est molle, inactive et trop éloignée des vrais sujets. Pendant dix ans ils n'ont jamais réussi à porter un combat. Il faut qu'ils sachent une chose, nos compatriotes se moquent éperdument des réformes électorales ou de l'audit du fichier. Je suis désolé mais ces sujets n'intéressent que le monde peu nombreux des intellectuels. À vrai dire ce n'est pas que ça ne les intéresse pas mais ils n'y comprennent rien. Il faut accepter que l'indigence populaire porte atteinte à la vie de notre démocratie. C'est un facteur important qu'il faut intégrer dans nos analyses et nos réflexions. Au lieu de déployer leur force et perdre leur temps dans des logiques trop complexes et des discussions qui ne servent à rien, ils feraient mieux de porter des combats.
Idrissa est revenu au devant de la scène politique en portant l'irrecevabilité de la candidature de son mentor à la prochaine présidentielle. Il a su trouver des mots très simples sans trop rentrer dans les détails techniques pour faire passer son message à la population. Dieu sait qu'il ne fut pas la première personne à le dire loin de là. L'opposition aurait pu en faire son cheval de bataille, son unique préoccupation. Elle aurait du refuser toute procédure d'audit du fichier électoral tant que cette question n'est pas réglée et que Wade reconnaisse de façon définitive sa non participation à l'élection de 2012. Il est hors de question qu'il torpille la constitution ou qu'il torde la main aux membres du conseil constitutionnel. Comme Landing SAVANE, il faut reconnaitre que Idy a fait preuve d'opportunisme et d'un courage certain en posant ce débat. C'est peut être ce côté rebelle qui plaît à Abdoulaye Wade.
Wade au fond de lui doit en vouloir à ses thuriféraires et c'est pourquoi 'il a déclaré hier lors du CD du PDS que l'enfant terrible de la famille libérale ne sera jamais exclu du parti de son vivant. Eux non plus n'ont jamais réussi à combler le vide provoqué par le départ du maire de Thiés jusqu'à son retour au bercail. Les insultes ne tuent pas un adversaire politique. Elles ne font qu'appauvrir un débat. Leur unique réponse aux argument de Idy, ce sont les insultes de Farba et les menaces de Habib Sy. On ne fait pas de la politique avec des louanges car la réalité finit toujours par nous rappeler à l'ordre.
Je suis désolé mais il est le meilleur d'entre eux. Il a réussi son retour. On lui demandait de faire face à Wade en 2007 et d'arrêter sa partie de cache-cache, il est entrain de le faire pour 2012. On lui a longtemps reprocher son silence et son mépris envers ses militants, il communique désormais avec eux et prend le soin d'expliquer très clairement tout ce qu'il entreprend. On a beau avoir de la haine pour cette personne et je dois avouer qu'il n'aspire pas confiance, je ne voterai pas pour lui en 2012 mais au fond de moi une voix secrète et c'est peut être celle de la politique me dit qu'il pourrait bel et bien devenir le quatrième président du Sénégal. Le hasard n'existe pas et l'histoire ne se trompe pas, elle ne se répète pas elle bégaie. Celui qu'on déclarait mort il y a deux ans vient de renaître et il faudra compter avec lui. Salut l'artiste et à l'opposition je leur dirai, salut les autistes.
Ce ne sont pas les coupures intempestives de ces derniers jours qui me
révoltent, absolument pas.